Démission et chômage

Peut-on toucher le chômage si on démissionne ?

Pas mal de fake news circulent sur ce sujet, surtout depuis qu’Emmanuel Macron a plus ou moins proposé que ce soit possible dans son projet de 2017.. En réalité, si vous démissionnez, vous ne toucherez pas le chômage sauf dans certains cas exceptionnels.

Rappelons d’abord que dans la novlangue gouvernementale, on ne dit plus « toucher le chômage » mais « percevoir l’ARE » avec ARE = Aide au Retour à l’Emploi :-))) (Comme si changer d’appellation changeait le chômage).

Si vous démissionnez, la démission doit être considéré comme « légitime » pour que vous puissiez percevoir l’ARE OU alors vous avez un projet de reconversion professionnelle (avec pas mal de conditions à remplir, voir plus loin)

« légitime » est le mot clé pour connaître le fin mot de l’histoire.

Qu’est-ce qu’une démission LÉGITIME ?

Une démission est considérée comme légitime quand elle correspond aux cas suivants.

Cas de démission dite légitimeJustificatifs à fournir
1. Mariage ou Pacs accompagné d’un changement de lieu de résidence– Livret de famille, extrait ou copie de l’acte de mariage ou attestation d’inscription de la déclaration au greffe du tribunal judiciaire (avec noms, prénoms, date et lieu de naissance et date de l’enregistrement du PACS).
– Un justificatif de domicile de l’ancien et du nouveau lieu de résidence (facture, bail…).
2. Démission pour suivre son conjoint qui change de lieu de résidence pour exercer un nouvel emploi salarié (ou non)

Bon à savoir : à la fin du contrat de travail suite à votre démission, inscrivez vous à l’agence Pôle emploi de votre nouveau lieu de résidence, et non de celle de votre précédente résidence. Faute de quoi, vous ne pourrez pas faire valoir ce motif de démission légitime et être indemnisé.
– Qualité d’époux : copie du livret de famille, copie ou extrait de l’acte de mariage (moins de 12 mois), acte notarié récent ou le dernier avis d’imposition.
– Qualité de partenaire : attestation d’inscription récente (moins de 12 mois) de la déclaration au greffe du tribunal judiciaire (mention importante : noms, prénoms, date et lieu de naissance, date d’enregistrement du PACS) ou dernier avis d’imposition.
– Qualité de concubin : certificat de concubinage ou quittance de loyer ou tout autre justificatif de résidence de vie commune (les justificatifs doivent être antérieurs à la démission).
– Ordre de mutation ou contrat de travail ou bulletin de salaire ou attestation employeur ou extrait kbis ou inscription au CFE (pour les non salariés).
– Un justificatif de domicile de l’ancien et du nouveau lieu de résidence (facture, bail…)

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3. Clause « de couple ou indivisible »– Contrat de travail qui doit comporter une clause de résiliation automatique
– Attestation employeur de l’autre titulaire du contrat afin de vérifier que le départ volontaire résulte du licenciement, d’une rupture conventionnelle ou de la mise à la retraite de ce dernier.
4. Mineur qui quitte son emploi pour suivre ses parents– Un justificatif de domicile de l’ancien et du nouveau lieu de résidence des ascendants.
– Qualité de parent : s’il s’agit d’un tiers, document justifiant de l’autorité parentale.
5. Majeur « protégé » (sous tutelle, curatelle ou sauvegarde de justice) qui démissionne pour suivre son tuteur, curateur ou mandataire.– La décision judiciaire désignant un « parent » comme mandataire spécial, tuteur ou curateur
– Un justificatif de domicile de l’ancien et du nouveau lieu de résidence du majeur protégé
– Un justificatif de domicile du « parent » mandataire spécial, tuteur ou curateur 
6. Enfant handicapé admis dans une structure d’accueil hors du lieu de résidence– Livret de famille.
– Attestation de la structure d’accueil de la prise en charge de l’enfant handicapé.
– Un justificatif de domicile de l’ancien et du nouveau lieu de résidence (facture, bail…).
7. Victime de violences conjugales, imposant un changement de résidence– Plainte déposée auprès du Procureur de la République.
– Citations directes devant le Tribunal de police ou Correctionnel.
– Plainte avec constitution de partie civile devant le juge d’instruction.
– Plainte déposée auprès d’un commissariat ou d’une gendarmerie.
– Un justificatif de domicile de l’ancien et du nouveau lieu de résidence (facture, bail…).
8. Démission d’un nouveau contrat avant que ne se soient écoulés 65 jours travaillés, suite à un licenciement, une rupture conventionnelle ou une fin de CDD– Attestation employeur.
– Attention : vous ne devez pas avoir été inscrit comme demandeur d’emploi entre cet avant-dernier emploi et la nouvelle période d’activité salariée rompue à votre initiative.
9. Démission après 3 années d’affiliation sans interruption, suivie d’un CDI auquel l’employeur met fin dans les 65 premiers jours travaillés– Attestation employeur
10. Echec dans la création ou la reprise d’une entreprise– Immatriculation au répertoire des métiers.
– Déclaration au Centre de formalités des entreprises.
– Extrait K (personne physique) ou Kbis (personne morale).
– Preuve des difficultés de l’employeur : arrêt maladie de longue durée, difficultés financières attestées par un cabinet comptable, etc.
– Lettre de démission ou attestation sur l’honneur mentionnant ce motif.
11. L’employeur ne verse pas de salaire malgré une décision de justice– Ordonnance de référé allouant une provision de sommes correspondant à des arriérés de salaires
– Ordonnance condamnant l’employeur au versement d’une provision sur les salaires suite à l’introduction de sa demande devant le bureau de conciliation des prud’hommes
– Jugement d’une juridiction prud’homale allouant une provision correspondant à des arriérés de salaire ou condamnant l’employeur au versement de créances salariales.
-Toute décision de justice condamnant l’employeur à verser les salaires à son salarié.
12. Victime d’un acte délictueux dans le cadre du contrat de travail– Copie de la plainte ou récépissé de dépôt de celle-ci auprès du Procureur de la République.
– Citation directe (saisie directe du Tribunal de Police ou Correctionnel si contravention ou délit).
– Plainte déposée auprès d’un commissariat de police ou d’une gendarmerie.
13. Fin de contrat d’insertion par l’activité pour occuper un emploi ou une action de formation– Contrat de travail de l’emploi repris
– attestation employeur de l’emploi repris.
 – Attestation relative à la formation (entrée, présence).
14. Fin de contrat unique d’insertion (contrat d’accompagnement dans l’emploi pour le secteur non marchand, ou un contrat initiative emploi concernant le secteur marchand) pour un emploi en CDI ou CDD d’au moins 6 mois, ou pour suivre une action de formation qualifiante– Contrat de travail de l’emploi repris
– Attestation employeur de l’emploi repris
 – Attestation relative à la formation (entrée, présence).
15. Suite à un contrat de service civique, ou de volontariat de solidarité internationale, ou de volontariat associatif (pour au moins un an)– Attestation par l’association qui a engagé l’intéressé précisant la qualité de volontariat de solidarité internationale ou volontariat associatif d’une durée continue minimale d’un an
– Attestation de service civique.
16. En tant que journaliste: suite à des problèmes de conscience professionnelle ou d’orientation politiqueAttestation employeur comportant les précisions nécessaires
17. En tant qu’assistant(e) maternel(e) : suite au refus de l’employeur de procéder aux vaccinations légales de son enfantLettre de démission ou attestation sur l’honneur mentionnant ce motif.

Recevoir le chômage après une démission pour un projet de reconversion professionnelle

On peut percevoir l’ARE après avoir démissionné si on a un projet de reconversion professionnelle mais avec beaucoup de conditions (pour éviter les projets qui ne sont pas sérieux).

Ces conditions sont:

  • Être salarié en contrat à durée indéterminée (CDI) de droit privé au moment de la démission
  • Justifier d’au moins 5 ans d’activité salariée continue chez un ou plusieurs employeurs
  • Avoir un projet de reconversion professionnelle bien préparé et reconnu comme étant réel et sérieux

Il est recommandé de passer par un CEP (Conseil en Evolution Professionnelle) AVANT de démissionner afin de bien préparer le projet. Ces CEP sont disponibles à l’APEC pour les salariés cadres ; dans les CAP Emploi pour les personnes en situation de handicap ;  chez les opérateurs désignés dans chaque région par France Compétences.

Cas où on démissionne alors qu’on est déjà indemnisé(e) par Pôle Emploi

Dans certains cas, il se peut que vous démissionniez alors que vous êtes en cours d’indemnisation par Pôle emploi. Dans ce cas, le versement de votre allocation ARE n’est pas suspendu dans 3 cas :

  • Si vous justifiez de moins de 65 jours (et 455 heures) travaillés depuis votre ouverture de droit ;
  • Si le contrat duquel vous avez démissionné a duré moins de 8 jours calendaires ;
  • Si le contrat duquel vous avez démissionné a représenté moins de 17 heures par semaine. 

Voici une vidéo du Service Public, très bien faite, qui revient sur les idées reçues de « démission et chômage »..

A propos de Démission et chômage

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